Droits de succession en Wallonie et à Bruxelles : taux 2026, exemptions et exemples

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En Belgique, les droits de succession sont fixés par les Régions. Le montant que paiera chaque héritier dépend donc de trois éléments : la Région où le défunt avait son domicile fiscal, le lien de parenté entre le défunt et l'héritier, et la valeur nette de la part que cet héritier reçoit. Les taux sont progressifs : plus la part est importante, plus la dernière tranche est taxée.

L'essentiel : en ligne directe et entre partenaires (époux et cohabitants légaux), les droits de succession vont de 3 % à 30 % en Wallonie comme à Bruxelles, mais les tranches diffèrent. En Wallonie, la première tranche de 12.500 euros est exonérée ; à Bruxelles, c'est la première tranche de 15.000 euros. Le conjoint ou cohabitant légal survivant ne paie pas de droits sur le logement familial, sous conditions. La déclaration doit être déposée dans les 4 mois du décès s'il a eu lieu en Belgique.

Quelle Région est compétente ?

Ce n'est pas la Région où vivent les héritiers qui compte, ni celle où se trouvent les biens, mais celle du domicile fiscal du défunt. Si le défunt a déménagé d'une Région à l'autre au cours des cinq dernières années, c'est la Région où il a eu son domicile fiscal pendant la période la plus longue au cours de ces cinq années qui s'applique, et non la dernière Région où il a vécu. Cette règle d'attribution figure dans la loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions (art. 5). Le Code wallon des droits de succession la reprend pour le dépôt de la déclaration (art. 38, 1°) : elle doit être introduite au bureau du dernier domicile fiscal dans la Région où le domicile fiscal du défunt a été établi le plus longtemps durant la période de cinq ans précédant le décès. Un déménagement tardif ne change donc pas forcément le barème.

Si le défunt n'habitait pas en Belgique, seuls ses biens immobiliers belges sont soumis à un impôt belge, selon des règles propres aux non-résidents.

Wallonie : les taux en vigueur en 2026

Ligne directe, époux et cohabitants légaux

Tranche de la part netteTaux
jusqu'à 12.500 euros3 %
de 12.500 à 25.000 euros4 %
de 25.000 à 50.000 euros5 %
de 50.000 à 100.000 euros7 %
de 100.000 à 150.000 euros10 %
de 150.000 à 200.000 euros14 %
de 200.000 à 250.000 euros18 %
de 250.000 à 500.000 euros24 %
au-delà de 500.000 euros30 %

Exemptions en Wallonie : la première tranche de 12.500 euros recueillie par un héritier en ligne directe, le conjoint ou le cohabitant légal est exonérée. Une exonération supplémentaire de 12.500 euros s'ajoute lorsque la part nette d'un héritier en ligne directe ne dépasse pas 125.000 euros. Les enfants de moins de 21 ans bénéficient en plus de 2.500 euros d'exemption par année complète restant à courir jusqu'à leurs 21 ans.

Frères et sœurs

TrancheTaux
jusqu'à 12.500 euros20 %
de 12.500 à 25.000 euros25 %
de 25.000 à 75.000 euros35 %
de 75.000 à 175.000 euros50 %
au-delà de 175.000 euros65 %

Pour les oncles, tantes, neveux et nièces, le barème wallon commence à 25 % et monte jusqu'à 70 %. Pour toutes les autres personnes (un ami, un cohabitant de fait, un filleul), il va de 30 % à 80 %. Le détail des tranches figure sur le site des notaires (voir les sources).

Réforme annoncée en Wallonie : un décret adopté en décembre 2024 prévoit une forte baisse des taux maximaux à partir du 1er janvier 2028 (par exemple de 30 % à 15 % en ligne directe). En octobre 2026, le Gouvernement wallon a annoncé vouloir revoir cette réforme. Les droits dépendent des règles en vigueur au jour du décès : les taux de ce tableau sont ceux applicables aujourd'hui.

Bruxelles : les taux en vigueur en 2026

Ligne directe, époux et cohabitants légaux

Tranche de la part netteTaux
jusqu'à 50.000 euros3 %
de 50.000 à 100.000 euros8 %
de 100.000 à 175.000 euros9 %
de 175.000 à 250.000 euros18 %
de 250.000 à 500.000 euros24 %
au-delà de 500.000 euros30 %

Exemptions à Bruxelles : la première tranche de 15.000 euros est exonérée pour les héritiers en ligne directe, le conjoint et le cohabitant légal. Les enfants de moins de 21 ans ont droit à 2.500 euros supplémentaires par année complète restant jusqu'à leurs 21 ans.

Frères et sœurs, autres personnes

TrancheFrères et sœurs
jusqu'à 12.500 euros20 %
de 12.500 à 25.000 euros25 %
de 25.000 à 50.000 euros30 %
de 50.000 à 100.000 euros40 %
de 100.000 à 175.000 euros55 %
de 175.000 à 250.000 euros60 %
au-delà de 250.000 euros65 %

Entre personnes sans lien de parenté, le barème bruxellois est de 40 % jusqu'à 50.000 euros, 55 % de 50.000 à 75.000 euros, 65 % de 75.000 à 175.000 euros et 80 % au-delà.

Le logement familial du conjoint ou du cohabitant légal

Dans les deux Régions, le conjoint survivant et le cohabitant légal survivant sont exonérés de droits de succession sur leur part du logement familial, à certaines conditions. En Wallonie, le défunt et son partenaire doivent notamment avoir eu leur résidence principale dans ce logement depuis au moins cinq ans, sauf force majeure. Les enfants ne bénéficient pas de cette exonération, mais d'un tarif réduit sur l'habitation familiale. Le cohabitant de fait, lui, n'y a pas droit et est taxé au tarif « entre autres personnes ».

Deux exemples chiffrés

Les montants ci-dessous sont des estimations obtenues en appliquant les barèmes ci-dessus, sans tenir compte de cas particuliers (donations antérieures, réductions pour enfants mineurs, tarif réduit sur l'habitation).

Un enfant hérite de 200.000 euros en Wallonie

Calcul par tranches : 375 euros (3 % de 12.500) + 500 euros (4 % de 12.500) + 1.250 euros (5 % de 25.000) + 3.500 euros (7 % de 50.000) + 5.000 euros (10 % de 50.000) + 7.000 euros (14 % de 50.000), soit 17.625 euros. L'exemption de la première tranche de 12.500 euros supprime les 375 euros de cette tranche : l'enfant paiera environ 17.250 euros. Comme sa part dépasse 125.000 euros, il n'a pas droit à l'exonération supplémentaire.

Un enfant hérite de 200.000 euros à Bruxelles

Calcul par tranches : 1.500 euros (3 % de 50.000) + 4.000 euros (8 % de 50.000) + 6.750 euros (9 % de 75.000) + 4.500 euros (18 % de 25.000), soit 16.750 euros. L'exemption des 15.000 premiers euros retire 450 euros (3 % de 15.000) : l'enfant paiera environ 16.300 euros.

La comparaison montre surtout l'effet du lien de parenté. Le même montant légué à un ami serait taxé bien plus lourdement, ce qui explique pourquoi beaucoup de personnes sans enfant réfléchissent à la répartition entre plusieurs bénéficiaires ou à des legs à des associations, qui bénéficient de taux réduits dans les deux Régions.

Et en Flandre ?

Si le défunt était domicilié en Région flamande, c'est l'administration flamande (Vlabel) qui est compétente. En ligne directe et entre partenaires, le barème flamand ne compte que trois tranches : 3 % jusqu'à 50.000 euros, 9 % de 50.000 à 250.000 euros et 27 % au-delà. Notre site néerlandophone testamentopstellen.be détaille ces règles.

La déclaration de succession

Les héritiers doivent déposer une déclaration de succession dans un délai de 4 mois à compter du décès s'il a eu lieu en Belgique, de 5 mois s'il est survenu ailleurs en Europe et de 6 mois hors d'Europe. Il est conseillé de se faire accompagner par un notaire, qui établit aussi l'acte d'hérédité lorsqu'il y a un testament. Sans testament ni contrat de mariage, et dans les cas simples, un certificat d'hérédité peut être demandé au bureau Sécurité juridique du SPF Finances.

Questions fréquentes

Qui paie les droits de succession ?

Chaque héritier ou légataire paie les droits sur la part qu'il reçoit, selon son propre lien de parenté avec le défunt. Le barème s'applique à la part de chacun, pas à la succession globale.

Un testament peut-il réduire les droits ?

Il ne change pas les barèmes, mais il change la répartition, et donc les tranches atteintes par chacun. Répartir un patrimoine entre plusieurs personnes fait souvent baisser le total, car chaque part démarre aux tranches les plus basses.

Mon compagnon non cohabitant légal paiera-t-il plus ?

Oui. En Wallonie et à Bruxelles, un cohabitant de fait est taxé comme une personne étrangère à la famille. Faire une déclaration de cohabitation légale à la commune le place au même tarif qu'un conjoint.

Dois-je attendre la réforme wallonne pour faire mon testament ?

Non. Le testament règle qui reçoit quoi ; l'impôt sera de toute façon calculé selon les règles en vigueur au jour du décès. Vous pourrez toujours adapter votre testament plus tard.

Que se passe-t-il si la déclaration est déposée en retard ?

Le retard expose les héritiers à des amendes et à des intérêts. Contactez un notaire dès les premières semaines pour respecter le délai.

Prochaines étapes

Avant de penser à la fiscalité, vérifiez la part que vous pouvez librement attribuer avec notre calculatrice de la réserve héréditaire et notre guide de la réserve héréditaire. Si votre partenaire n'est pas marié avec vous, lisez aussi notre article sur le conjoint survivant et le cohabitant. Notre méthode pour rédiger son testament vous guide ensuite étape par étape : vous pourrez créer votre projet de testament et le recopier sous forme de testament olographe, ou en parler à un notaire pour un testament notarié.

Sources

  1. Notaire.be : calcul et tarifs des droits de succession en Wallonie
  2. Notaire.be : calcul et tarifs des droits de succession à Bruxelles
  3. Notaire.be : droits de succession en Flandre
  4. Wallonie.be : droits de succession et de donation
  5. Wallonie.be : réduction des droits d'enregistrement, de succession et de donation (réforme 2028)
  6. Notaire.be : procédure après un décès (délai de la déclaration de succession)
  7. Notaire.be : acte et certificat d'hérédité
  8. Code des droits de succession, législation applicable en Région wallonne (SPF Finances, publié sur Wallonie.be), art. 38, 1° : Région du domicile fiscal le plus long sur cinq ans
  9. Chambre des représentants, doc. 50 1577/001 (2002) : exposé de la règle d'attribution à la Région du domicile fiscal le plus long sur cinq ans (loi spéciale du 16 janvier 1989)

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Questions fréquentes

Le projet lui-même est une aide à la rédaction et n'est pas encore un testament valable. Un testament ne devient valable que lorsque vous le recopiez entièrement à la main, le datez et le signez. En Belgique, le testament olographe est valable sans notaire et sans témoins, à condition d'être écrit en entier, daté et signé de la main du testateur (art. 4.181 du Code civil). Notre projet sert de modèle à recopier.

Pour un testament olographe, le droit belge (art. 4.181 du Code civil) exige que le texte complet soit écrit, daté et signé de la main du testateur lui-même. Un document imprimé ou tapé à l'ordinateur ne vaut pas testament olographe. Il ne pourrait être valable que sous la forme d'un testament authentique, reçu par un notaire.

En partie seulement. Vos enfants (descendants) et votre conjoint survivant sont des héritiers réservataires : ils ont droit à une part protégée par la loi, la réserve. Les descendants ont ensemble droit à la moitié de la succession, quel que soit leur nombre. Le conjoint survivant a droit au moins à l'usufruit de la moitié des biens de la succession, et en tout cas à l'usufruit du logement familial et des meubles qui le garnissent. Vous ne pouvez disposer librement que de la quotité disponible. Depuis la réforme de 2018, les parents ne sont plus héritiers réservataires.

Conservez l'original en lieu sûr et veillez à ce qu'une personne de confiance sache où il se trouve. Pour plus de sécurité, vous pouvez le déposer chez un notaire, qui le fera inscrire au Registre central des testaments (CRT), tenu par la Fédération du Notariat (Fednot). Ainsi, votre testament sera retrouvé avec certitude après votre décès.

Non. En Belgique, le testament conjonctif, c'est-à-dire fait dans un même acte par deux personnes, est interdit. Chaque partenaire doit rédiger son propre testament olographe, séparé, éventuellement avec des dispositions coordonnées. Notre outil crée un projet distinct pour chacun de vous.

Oui, à tout moment. Vous pouvez modifier, compléter ou révoquer entièrement votre testament. Le plus simple est de rédiger un nouveau testament dans lequel vous révoquez tous les testaments antérieurs, puis de le dater et de le signer à nouveau. Détruire l'ancien original évite toute confusion.

Non. Notre service crée un projet de testament à titre d'aide à la rédaction. En cas de succession complexe, de patrimoine professionnel, de famille recomposée ou de biens situés dans plusieurs pays, nous vous recommandons de consulter également un notaire ou un avocat spécialisé en droit des successions.

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